Bulletin n° 5 ( pages 1 à 9 )
Une illustration extraite de « L’Histoire Extraordinaire de Peter Schlemihl ou L’homme qui a perdu son ombre « de Louis Charles Adélaïde de Chamisso ( 1781 - 1838 ). Les bois, d’après les aquarelles de Robert Beltz, furent gravés par Théo SCHMIED. L’édition parue en 1951 et illustrée de 31 gravures et 11 lettrines comprend 120 exemplaires sur Vélin de Lana numérotés en chiffres arabes.
N°5 ( pages 1 à 9 )
Année 2010.
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otre assemblée générale, statuant sur l’exercice 2008, s’est tenu cette année à l’auberge de l’Abbaye de Murbach, au pied de la prestigieuse église romane.
Il semble que le site choisi n’ait pas convaincu les membres de notre association de participer à la réunion ; 14 personnes seulement étaient présentes ou représentées ! Néanmoins, c’est toujours pour le comité un plaisir de se retrouver.
Le Président ouvre la séance vers 11 h 00. Nombreux excusés pour raison de santé … et d’âge.
Hugues Hoohs rapporte les nombreuses activités et démarches entreprises au cours de l’exercice (réunions, conférences, autorisations d’utiliser les gravures de R. Beltz, demandes de subvention …). Le temps fort de l’exercice s’est déroulé du 15 au 18 mai avec le 8ème Festival du Livre illustré de Soultz. La porte, cette année, s’est ouverte pour la première fois aux livres destinés à la jeunesse avec une conférence sur le thème L’art vivant et la production d’albums ; grand succès, notamment auprès des scolaires qui pouvaient remportés un bon d’achat et des pochettes-surprises offertes par la librairie Dubich de Guebwiller. De nombreux livres, provenant de toute la France et même un de Belgique, nous sont parvenus pour participer aux deux Prix de valeur mis en place. Le jury du « Prix Robert Beltz » a couronné Jacqueline Ricard pour son ouvrage Suite polaire et celui des livres d’albums pour la jeunesse a distingué, quant à lui, Isabelle Vandenabeele, pour son album Frisson de fille. Félicitations aux lauréats !
Notre trésorier, Jean-Jacques Ernst, présente la situation des comptes au 31 décembre 2008, lesquels affichent un résultat satisfaisant bien que déficitaires pour l’exercice considéré, situation que nous connaissons tous les 2 ans, l’année du festival . Nos réviseurs invitent volontiers l’assemblée à donner quitus au comité. Situation saine donc, qui nous permet de poursuivre nos objectifs de pérennisation de l’œuvre de Robert Beltz.
Questions-réponses nourries (et néanmoins amicales) des membres présents, puis, vers midi trente, l’Assemblée s’abandonne avec bonheur à la carte du restaurant.
Au cœur du Florival, dans un cadre vallonné magnifique, subsiste le chevet et le chœur de l’abbatiale Saint Léger de la très puissante abbaye bénédictine de Murbach.De toute beauté ! De plus, le cadre vallonné est magnifique
François Blanchard
Secrétaire.
Le 22 octobre 2009, Gérard Cardonne, écrivain, fit une conférence au sujet de son dernier roman « Franziska ». La belle introduction sur le fantastique plut énormément aux auditeurs. Je demandai alors à son auteur s’il voulait bien me faire parvenir son article sur le fantastique, domaine privilégié de Robert Beltz, afin d’en faire bénéficier les membres de notre association. Je lui proposai de saupoudrer son texte de quelques illustrations de Robert Beltz. Il accepta avec joie.
De tout cœur un grand merci à Gérard et … bonne lecture à tous nos amis.
Hugues Hoohs
"Franziska"
Charles Baudelaire prétend que " l’imagination est la plus scientifique des facultés, parce que seule elle comprend l’analogie universelle." Et Victor Hugo nous dit que " le monde n'est qu'une apparence corrigée par une transparence. "
" Franziska " est un roman reprenant le caractère fantastique utilisé par Wilhelm Jensen quand il écrivit "La Gradiva " tout en l’actualisant avec l’apparition de " Second Life ". L’Histoire et la littérature en constituent l‘argument.
Comment peut-on définir le roman fantastique ?
Si le fantastique est une notion intemporelle, le genre fantastique est une réalité historiquement repérable et interprétable par rapport aux remous de l’Histoire. Nodier en fait une littérature des temps de crise. Un siècle plus tard, Lovecraft, à la fois continuateur de Poe et novateur en la matière, établit le même type de distinction dans son essai " Surnaturel et épouvante en littérature". " L’impulsion et l’atmosphère sont aussi anciennes que l’homme, mais le véritable conte fantastique de littérature courante est enfant du XVIII° siècle. " Il ajoute " l’Allemagne a été jusqu’à nos jours le domaine favori du fantastique. Elle a complété par l’histoire psychique de l’homme"
Edgard Poe - Histoires extraordinaires -1958. Le chat noir ( p 101 )
Les Anglais ont un vocable " fantasy " et les Allemands " Phantasie "pour désigner toute production littéraire imaginaire.
Au plan ontologique, nostalgie, mélancolie, ennui (plus tard spleen, et névrose, en fin du siècle) gouvernent l’être-au-monde de la génération romantique et définissent le mal du siècle avec son sentiment exacerbé d’étrangeté. L’explosion des philosophes consacre la naissance d’un homme rendu problématique par l’émergence de sciences nouvelles qui apportent des révélations capitales. Le fantastique va donc être l’expression paroxystique du désaccord romantique entre le Moi et le monde. A siècle inquiet, genre inquiet : réintroduction de la dimension du sacré dans un monde qui en a oublié jusqu’au sens. Le fantastique se donne à lire comme la mise en forme des tensions du siècle.
L’écrivain Wilhelm Jensen (1837-1911) écrit son roman :" la Gradiva " : dans cette esthétique fantastique est décrit le déploiement de l’activité onirique. C’est l’étude psychiatrique et l’étude d’une maladie et d’une guérison, ce qui est chose rare dans l’ordre du fantastique, genre généralement pessimiste où la folie est l’antichambre de la mort. En effet, le fantastique et la psychanalyse ont des buts forts différents : celle-ci prétend guérir et réconcilier le patient avec la réalité. Celui-là cherche plutôt à inquiéter en distordant la conception qu’a le lecteur du réel. (" La Gradiva " : le héros contemple dans un musée un bas-relief pompéien qui représente le portrait en pied d’une jeune femme en train de marcher. Il la surnomme Gradiva, " celle qui marche en avant ", et son imagination travaille à tel point qu’il fait un cauchemar : dans l’antique Pompéi, il assiste impuissant à la catastrophe et voit sa Gradiva succomber sur les marches du temple d’Apollon à un déluge de feu et de cendres. Le héros entreprend donc le voyage d’Italie, et sur le lieu de Pompéi, une nouvelle hallucination s’empare de lui : il voit Gradiva " rediviva ", vivante. Il lui parle et, chose étrange, elle lui répond en allemand. Le 3ème jour, le réel reprend ses droits. Le héros retrouve finalement sous les traits de la Gradiva fantasmée, Zoé, son amie d’enfance, qui a joué, selon Freud, le côté du psychanalyste en amenant le héros à réintégrer la réalité.
Edgar Poe – Histoires Extraordinaires -1958. Morella ( p 213 )
C’est ainsi que l’imaginaire se place au-devant de la mise en scène par rapport à un enjeu de fond qui est la restitution de la raison pour garder la vie (c’est le mythe de Shéhérazade dans les Contes des Mille et Une Nuits). Le jeu littéraire n’est plus le roman lui-même mais la possibilité de fabuler, en tant que demande tenant lieu de cause supposée ou de paravent derrière lequel l’imaginaire peut jouer comme un enfant. C’est ce pli entre le devant et l’arrière qui permet de créer les conditions d’une ambiguïté fondamentale, semblable à celle de la Gradiva : il faut que le discours acquière un double sens. Le premier sens suit le délire afin de gagner la confiance du lecteur et de pénétrer sa pensée, tandis que le second interprète le délire selon le langage de la vérité inconsciente .Si nous nous plaçons du point de vue du personnage une distinction d’importance naît de la question : d’où est vu l’univers fantastique dans lequel le héros est immergé, de l’intérieur ou de l’extérieur ?
La structure narrative du roman est généralement courte à la limite de la nouvelle :
A) la situation initiale délimite un périmètre normatif qui est le plus souvent une situation banale, voire familière, qui se veut rassurante. Le héros évolue dans un monde apparemment " ordonné ". De ce fait le lecteur adhère à la sacro-sainte règle de réalisme et de vraisemblance. Mais, d’emblée d’imperceptibles failles s’insinuent dans la narration. Le lecteur est alerté par toute une série de perceptions négatives qu’il ne pourra interpréter qu’a posteriori.
B) l’élément perturbateur : survient un événement perçu comme extraordinaire ou aberrant qui vient perturber l’ordre des choses et remettre en question la norme préalablement définie, tant pour le héros – bouleversement dans l’univers psychique et psychologique – que pour le lecteur qui entre dans une phase de doute, de remise en question de la vraisemblance
C) la situation finale :le retour à l’apparente stabilité de l’ordre initial est rare. Certains récits paraissent avoir exécuté un cercle parfait mais un signe supplémentaire fait tout basculer, transformant plutôt le cercle en spirale. On retourne donc à un ordre modifié ou dégradé. Problème de la conclusion : l’esthétique de la chute sied fort peu au fantastique qui serait plutôt un art de l’absence de retournement final. Le fantastique, avec Poe et Maupassant, est passé maître dans l’art de l’effet final, de la chute non conclusive mais ouverte, et réalise à la perfection cet art de l’inachevé
Lesage - Diable Boiteux – 1945 – Ch XI : De l’incendie et de ce que fit Asmodée en cette occasion par amitié pour Don Cléophas. ( p 138 )
Il faut noter l’importance du statut de l’objet : ici, il acquiert une dimension et une vitalité nouvelles. L’objet a un statut de personnage. Un des topoï du fantastique est l’animation de la matière, ce qu’il est convenu d’appeler " le sabbat des objets".
Que dire des rapports entre le fantastique et la science-fiction ? Nous sommes en présence d’un problème : le fantastique tombe-t-il quand on repousse les barrières de l’inconnu ? Maupassant déplorait que les progrès de la science limitaient le champ du fantastique : - à mesure qu’on lève les voiles de l’inconnu, on dépeuple l’imagination des hommes. Vous ne trouvez pas, Monsieur, que la nuit est bien vide et d’un noir bien vulgaire depuis qu’elle n’a plus d’apparitions. On se dit :" Plus de fantastique, plus de croyances épuise. La science, de jour en jour, recule les limites du merveilleux ( La Peur 1884) . La science-fiction finit par se démoder, le fantastique reste vivace car son sujet n’est pas le rapport de l’homme à la science à un moment donné, mais le rapport de l’homme à lui-même dans un monde pensé ou non par la science. –
Les réflexions sur ce thème sont éloquentes : Sartre prétend que l’Autre monde est là, d’autant plus redoutable qu’on ne le nomme point. Tandis que Pierre-Georges Castex assure que le fantastique se caractérise par une intrusion brutale du mystère dans le cadre de la vie réelle. Le fantastique crée une rupture, une déchirure dans la trame de la réalité quotidienne. Et Roger Caillois pense que tout le fantastique est rupture de l’ordre reconnu, irruption de l’inadmissible au sein de l’inaltérable légalité quotidienne. Quant à lui, Tzvetan Todorov, il est persuadé que celui qui perçoit l’événement doit opter pour l’une des deux solutions possibles : ou bien il s’agit d’une illusion des sens, d’un produit de l’imagination, et des lois du monde restent alors ce qu’elles sont ; ou bien l’événement a véritablement eu lieu. Il est partie intégrante de la réalité, mais alors cette réalité est régie par des lois inconnues de nous.
Joël Malrieu nous démontre que le récit fantastique repose en dernier ressort sur la confrontation d’un personnage isolé avec un phénomène, extérieur à lui ou non, mais dont la présence ou l’intervention représente une contradiction profonde avec les cadres de pensée et de vie du personnage, au point de les bouleverser complètement et durablement. Accepté en ces termes par Louis Vax pour qui le récit fantastique […] aime nous présenter, habitant le monde réel où nous sommes, des hommes comme nous, placés soudainement en présence de l’inexplicable.
Erckmann-Chatrian - Les Contes des Bords du Rhin – 1952 –La lunette de Hans Schnaps ( p 33 )
Les auteurs alsaciens ne sont pas insensibles à cette " Phantasie " : Jean-Luc Steinmetz est formel : " La science-fiction trouve son lieu d’élection " dans un vaste ensemble spatio-temporel encore inconnu " alors que les aventures fantastiques sont enracinées dans le globe terraqué. La science-fiction a pour loi du genre plutôt l’optimisme, une vision progressiste de l’humanité qui rassure devant l’inconnu tandis que le fantastique est un genre finalement plus obscur, plus régressif, plus inquiétant. Et Marcel Schneider insiste avec force en soulignant : " plus intimement dérangeant, plus individuel, le fantastique " explore l’espace du dedans " et ne contient pas la dimension mondialiste et épique de la science-fiction. " Quant à lui, Robert Beltz démontre dans son " Origine de la Beauté " qu’écrire sur un sujet d’ordre spirituel, c’est courir un double risque : celui de donner un caractère dogmatique toujours déplaisant à ce qui est le contraire même d’un dogme et voir taxer d’affirmations gratuites tout ce qu’on pourra affirmer dans un domaine, où rien ne se prouve à l’intelligence mais où chaque chose doit se découvrir et se constater par l’esprit. Le grand maître illustrateur nous en donne la preuve quand, tentant de se dégager du monde des faux-semblants et des prestigieuses erreurs qui sont venus le leurrer toute une nuit, St. Antoine, sous la plume de Flaubert, s’écrie : " Il doit y avoir quelque part des figures primordiales dont les corps ne sont que les images. Si on pouvait les voir, on connaîtrait le lien de la matière et de la pensée… " N’est-ce pas sous sa forme la plus haute que cette même question devrait être à l’origine de toutes activités de critique ?
Flaubert – La tentation de Saint Antoine -1979 - Ch VIII ( p 105 )
Nos amis d’Outre Rhin ont lancé le mouvement Sturm und Drang, qui, dans son vaste programme de redécouverte des racines populaires de la littérature allemande, remet à l’honneur le conte.
Il s’agit d’établir une différence entre le Volksmärchen, conte populaire de tradition orale, tel que le présenteront les frères Grimm, et le Kunstmärchen, conte né de l’artifice de l’art : la littérature fantastique naît de cette veine-ci. Dans le conte traditionnel, le merveilleux est reconnu comme tel, assumé par des héros qui y gravitent avec aisance sans manifester d’étonnement.
A cette condition-là, pas de fantastique. Dans le conte dit "artistique", la narration est plus ancrée dans le réel, voire l’Histoire, et un narrateur dit l’étrangeté de la rupture entre cet univers réel et le monde autre, qu’il soit surnaturel, merveilleux, onirique ou fantasmagorique. Plus profondément que dans le roman noir extrêmement spectaculaire, on envisage la possibilité d’un " fantastique intérieur ".
Ce mouvement littéraire est marqué par de nombreux écrivains comme Ludwig Tieck (1773-1835) dans " Eckert le blond "qui illustre cet âge de transition et de rupture entre le Volksmärchen puisqu’il en conserve l’armature générale et l’apparente naïveté, et le Kunstmärchen : " L’héroïne est confrontée au sentiment d’étrangeté : " cela faisait une étrange impression qu’il ne me semblait pas être éveillée, mais tomber d’un songe dans un autre songe plus mystérieux encore".
Adelbert von Chamisso de Boncourt (1781-1838) dans " L’étrange Histoire de Peter Schlemihl " met en évidence la dimension fantastique de l’œuvre qu’on ne saurait occulter. La structure est particulière : le récit débute de façon réaliste, est interrompu par un événement strictement merveilleux, puis reprend de réaliste manière, tout en ménageant des parts à des éléments magiques. Chamisso inaugure la voie d’un fantastique existentiel.
Chamisso -Peter Schlemihl – 1951 ( p 92 )
Mais aussi E.T.A. Hoffmann (1776-1822) avec son extravagant " Vase d’or " qui est l’archétype du Kunstmärchen : le fantastique devient la métaphore généralisée de l’acte de créer. : " […] Ivresse ? Folie ? Extase poétique ? … " Le fantastique dit l’enthousiasme mais aussi la difficulté d’écrire.
Quels peuvent être les rapports entre le rêve et la réalité ? On peut dire que le fantastique joue sur deux types de transgression des frontières entre sommeil et veille :
- " le jour dans la nuit " ou activité somnambulique
- " la nuit dans le jour ", c’est l’état de rêve éveillé qui peut aller jusqu’à l’hallucination, au délire.
En effet, l’hésitation entre le rêve et la réalité est des hauts lieux du fantastique. Le héros ne sait plus s’il vit ou rêve sa vie. Gautier exprime ce fameux tourbillon du sens dans " La Morte amoureuse " où le moine Romuald déclare : " A dater de cette nuit ma nature s’est en quelque sorte dédoublée, et il y eut en moi deux hommes dont l’un ne connaissait pas l’autre. Tantôt je me croyais un prêtre qui rêvait chaque soir qu’il était gentilhomme, tantôt un gentilhomme qui rêvait qu’il était prêtre. Je ne pouvais plus distinguer le songe de la veille, et je ne savais pas où commençait la réalité et où finissait l’illusion […] Deux spirales enchevêtrées l’une dans l’autre sans se toucher jamais représentent très bien cette vie bicéphale que fut la mienne. "
Et comment se situe le rapport entre folie, création artistique et esthétique fantastique ?
Michel Foucault nous déclare que " Là où il y a une œuvre, il n’y a pas folie ; et pourtant la folie est contemporaine de l’œuvre, puisqu’elle inaugure le temps de la vérité. " Il insiste avec cette forte déclaration : " De l’homme à l’homme vrai, le trajet passe par l’homme fou […] mais la vérité de l’homme ne se dit que dans le moment de sa disparition. "
Pour jouer sur la gamme du temps rétréci j’ai utilisé Second Life.
Internet est devenu une composante à part entière des civilisations:
- 45% des Français pensent qu’on peut tomber amoureux d’une personne virtuelle. C’est le résultat d’un sondage réalisé par Opinion Way pour l’Observatoire Match.com de la relation amoureuse. Les 18-24 ans sont même 62% à juger possible d’être séduit par un avatar. Près de 2 personnes sur 3 pensent que les innovations techniques faciliteront les rencontres.
- beaucoup de jeunes vivent dans un autre monde. Ils restent entre eux, ils surfent sur la toile, ils ont des vies virtuelles. Les autres n’existent pas. Il faudra se décider à juger cette invention à l’aune du préjudice qu’elle cause. On peut dire cela de toute technologie. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. L’aspect éducatif est positif. Mais le Net fait le jeu des salauds et des terroristes. Enquête : les 18-25 ans passent plus de temps devant l’ordinateur que devant la télé. Internet = le viagra de l’information.
- Les adolescents risquent de confondre le réel et le virtuel ? Les relations sont ambiguës
Côté négatif, cette médiation peut conduire les jeunes qui redoutent les relations réelles à une phobie du contact. Côté positif, elle constitue une manière d’apprivoiser la réalité. Par le biais des messageries, les jeunes mettent provisoirement entre parenthèses leur corps et développent le langage des émotions et des sentiments. En effet, dans le virtuel, on est obligé de privilégier les mots. Internet se mue alors en espace d’apprentissage de l’expression verbale.